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Pernod Ricard prévient que le conflit en Iran pèsera sur son CA annuel malgré un rebond au T3
information fournie par Reuters 16/04/2026 à 10:53

PHOTO DE DOSSIER : Les bouteilles de la boisson anisée Ricard sont photographiées dans l'unité de production de Ricard à Lormont, près de Bordeaux

PHOTO DE DOSSIER : Les bouteilles de la boisson anisée Ricard sont photographiées dans l'unité de production de Ricard à Lormont, près de Bordeaux

Pernod Ricard, en discussions en vue d'une éventuelle fusion avec son ‌concurrent américain Brown-Forman , a fait état jeudi d’une hausse de 0,1% de son chiffre d’affaires en données organiques au troisième trimestre, supérieure aux attentes, ​tout en avertissant que le déclin du tourisme lié à la guerre en Iran pèserait sur son activité de "travel retail" et sur ses ventes annuelles.

Le deuxième groupe occidental de spiritueux derrière Diageo a déclaré anticiper sur l’ensemble de l’exercice 2025-2026 une baisse organique de ses ventes comprise entre 3% ​et 4%, dans un contexte jugé "volatil et incertain".

Vers 08h56 GMT, à la Bourse de Paris le titre cédait 0,36%, contre une hausse de 0,37% pour le CAC 40 au même moment.

Pernod est le ​dernier en date à signaler un impact significatif du conflit au Moyen‑Orient ⁠sur ses ventes, les groupes français du luxe ayant eux aussi fait état d’un affaiblissement de la demande au premier trimestre, en ‌raison du net ralentissement des achats dans la région.

Les magasins "duty free", qui vendent notamment des parfums et des spiritueux haut de gamme, souffrent également de la fermeture de certains aéroports et des restrictions de déplacement vers le Moyen‑Orient.

La distribution ​en "travel retail" a représenté 6% des ventes nettes de ‌Pernod en 2025.

Le fabricant du cognac Martell et de la vodka Absolut a enregistré un chiffre d’affaires ⁠de 1,95 milliard d’euros sur les trois mois clos le 31 mars, en hausse organique de 0,1%, alors que les analystes tablaient sur un recul de 0,7%, selon un consensus compilé par le groupe.

Cette performance marque une amélioration par rapport à la contraction de 5% enregistrée au deuxième trimestre, ⁠grâce notamment au redressement des ‌marchés indien et du "travel retail" mondial, qui ont compensé la faiblesse persistante de la demande aux États-Unis et en Chine, ⁠où les ventes ont chuté respectivement de 12% et 7%.

Pernod Ricard a également réitéré ses objectifs à moyen terme, dont une croissance organique annuelle ‌des ventes comprise entre 3% et 6% pour la période 2027-2029 et une expansion annuelle de la marge organique, malgré un ⁠ralentissement généralisé de la demande d'alcool dans le secteur.

POURSUITE DES DISCUSSIONS AVEC BROWN-FORMAN

Les groupes de spiritueux font ⁠face à un recul pluriannuel des ‌ventes, qui pèse sur les valorisations, a entraîné le départ de certains dirigeants et conduit à des cessions d’actifs ainsi qu’à des réductions de ​coûts. Aux États‑Unis et en Chine, deux marchés clés, les ventes ont reculé ‌sous l’effet de droits de douane, des opérations de déstockage et du ralentissement de l’économie chinoise.

Pernod est en discussions avec Brown‑Forman en vue d’une fusion qui donnerait naissance au ​deuxième producteur mondial de spiritueux en termes de chiffre d’affaires, derrière le britannique Diageo, et permettrait au groupe combiné de réaliser jusqu’à 450 millions de dollars d’économies annuelles, selon les analystes, tout en atténuant le recul de la consommation d’alcool.

Cependant, le groupe américain Sazerac a également proposé ⁠de racheter Brown‑Forman pour environ 15 milliards de dollars, selon une source proche du dossier mercredi, ce qui complique les négociations en cours.

La directrice financière de Pernod Ricard, Hélène de Tissot, a indiqué lors d’une conférence téléphonique avec les analystes jeudi que les discussions se poursuivaient, sans faire davantage de commentaires.

"L’activité sous‑jacente est en phase de reprise, mais les débats aujourd’hui portent sur l’éventuel rapprochement avec Brown‑Forman et sur la discipline financière, compte tenu de la concurrence accrue avec l’offre rivale de Sazerac à 15 milliards de dollars ", écrivent les analystes de Jefferies dans une note.

(Rédigé par Elena ​Smirnova, avec Dominique Vidalon, édité par Augustin Turpin)

4 commentaires

  • 11:41

    pas de précisions sur le nombre de bouteilles vendues et sur la rentabilité de la filiale iranienne ?


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